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Editorial - septembre 2019

Qui fut la première femme victorieuse aux jeux olympiques?

Voyons voyons... On sait qu’aux jeux olympiques de l’Antiquité, les femmes n’étaient pas admises sur les stades. On sait (un peu moins) que Pierre de Coubertin, le fondateur des jeux olympiques modernes, était tout à fait opposé à la présence de femmes aux premiers jeux olympiques modernes, à Athènes en 1896, et ne s’en cachait point. Selon lui, les jeux célèbrent "l'exaltation solennelle et périodique de l'athlétisme mâle avec [...]l'applaudissement féminin pour récompense" (1912).

Charlotte Cooper
En 1900 cependant, les seconds jeux s’inscrivent dans le cadre de l’exposition universelle de Paris, qui organise aussi des épreuves féminines de golf et de tennis. Des femmes sont ainsi présentes sans l’être, mais, bon gré mal gré, le comité olympique accepte de prendre en compte leurs résultats. C’est ainsi que Charlotte Cooper, joueuse de tennis britannique, remporte le simple dames le 11 juillet 1900 et devient de fait la première femme à recevoir une médaille d’or dans une épreuve individuelle.

Année après année, les femmes seront admises d’autres épreuves. Très, très progressivement: il faut attendre 2015 pour que le CIO inscrive dans sa charte qu’il "s’engage pour l’égalité des sexes dans le sport tant au niveau de la participation féminine aux Jeux que dans les structures dirigeantes".

Et pourtant, Charlotte Cooper n’est pas la première à être couronnée. Car, même s’il est vrai que les femmes n’avaient pas le droit de mettre les pieds dans le stade d’Olympie, il restait une petite possibilité.

Cynisca
Certes, le sport n’était pas l’occupation favorite des jeunes filles grecques mais, à Sparte, cité toute tendue vers la discipline et l’excellence physique, elles n’en étaient aucunement exclues. Et vers 440 av. J.C., c’est là que naquit Cynisca, fille du roi de Sparte Archidamos II et sœur du roi Agésilas II.

Ambitieuse, fortunée, excellente cavalière, elle entretient une écurie et entraîne ses chevaux, ainsi qu’une équipe (masculine bien sûr) qui participe et s’impose aux courses de quadriges (chars à quatre chevaux) en 396, puis à nouveau en 392 av. J.-C.
Et c’est ainsi que Cynisca fut couronnée... peut-être sans même avoir pu assister à ses propres victoires.
Ceci n’a pas empêché ses mérites d’être reconnus et, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, elle fit réaliser sa statue en bronze par Apelléas de Mégare et en rédigea elle-même la dédicace. Cette statue fut érigée dans le temple de Zeus. A Sparte aussi, un monument honora sa performance.

Vingt-quatre ans après, une autre femme de Sparte, Euryléonis, participa aux Jeux Olympiques et remporta la victoire à la course de biges (chars à deux chevaux).
D’autres suivirent.

René Kauffmann

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Les armées de l’Antiquité marchaient-elles
au pas cadencé?

La belle ordonnance des défilés militaires d’aujourd’hui était-elle déjà pratiquée chez les Egyptiens, les Grecs et les Romains ?

Aux temps modernes...

Le "pas cadencé" n’est évoqué qu’à partir de la Renaissance, avec la redécouverte des auteurs anciens. Dès 1521, Machiavel appelle ainsi à faire marcher les troupes au son du tambourin, pour que le pas s’accorde à son rythme.

Mais c’est la rapide ascension de la puissance militaire Prussienne sous Frédéric-Guillaume et Frédéric II, au milieu du 18e siècle, qui conduit la France à s’intéresser à ses méthodes de formation militaire.


Le pas du soldat d’après l’ordonnance sur l’exercice de 1788.
En particulier, les Prussiens pratiquent la "marche en ordre serré" qui réduit la distance entre rangées consécutives, jusqu’à une soixantaine de centimètres, voire moins. Avec un tel écart, on ne peut que marcher au pas, sous peine de heurter le talon du soldat qui précède.

A cette époque, le Maréchal de Saxe préconise aussi de faire marcher les armées au pas cadencé, et ce n’est pas l’esthétique d’un tel défilé qui le préoccupe: tout ce qui peut améliorer la cohésion du groupe a un effet positif aussi bien sur la manoeuvre des troupes que sur la psychologie des hommes.

Ils sont unis, se sentent plus forts, et si l’un tombe, on resserre les rangs, et le groupe poursuit son avance. Les chants et la musique militaire n’ont pas d’autre rôle: améliorer la cohésion et le mouvement des armées, redonner de l’élan au soldat, réduire la sensation de fatigue. De plus, la marche à une cadence connue permet au commandement de prévoir le temps nécessaire à parcourir une distance donnée.

Dans ces mêmes temps qui marquent une évolution rapide de la mécanique, on s’intéresse de près aux automates, et le mécanisme de la marche est étudié sous cet angle: on tente de l’améliorer avec quelques fantaisies comme la marche jambe tendue et dos raide, ou, jusqu’à nos jours, le pas de l’oie. Les militaires eux-mêmes doutent de l’efficacité de ces inventions mais, lors des parades, le but est ailleurs.

Dans l'Antiquité

L'interprêtation des fresques ou des vases peints est hasardeuse. On voit bien des hommes marchant du même pas, mais les chevaux, attelés aux chars, font de même et, là, il ne peut s'agir que d'une convention esthétique.

Le seul traité militaire romain qui nous soit parvenu est celui de Végèce, "de Re Militari", et il ne date que de la fin du 4ème siècle de notre ère. Il souligne l’importance, pour une troupe, de marcher ensemble, chacun tenant bien sa place dans le rang.

Il précise même la vitesse à laquelle se déplacent les soldats, qui couvrent 20 milles romains en 5 heures (soit 6 km/h) et, au mieux, 24 milles, soit 7 km/h.

Soldats nubiens, vers 2000 av. J.-C.,
(11è dynastie)
On ne peut pas en conclure que les soldats romains marchaient du même pas, et, quand bien même ils auraient avancé au pas cadencé, certains avançaient peut-être le pied gauche pendant que d’autres avançaient le pied droit! Les citations antérieures (Arrien de Nicomédie et Frontin au 1er siècle) ne nous éclairent pas davantage.
Les parades et les triomphes, comme bien des manifestations romaines, faisaient appel à des tubas (l’instrument à vent ressemblant à une trompette rectiligne) et des buccins. Dans ces conditions, on peut logiquement supposer que, par simple réflexe, les soldats marchaient en phase avec le rythme de la musique.

Les Spartiates étaient réputés marcher en cadence au son de la flûte, ce qui n’implique pas non plus que leurs pas soient parfaitement synchronisés. Ailleurs, avant d’attaquer, les soldats faisaient en mesure le plus de bruit possible pour impressionner l’ennemi: ils frappaient leur bouclier au même rythme.

En ordre de bataille, on peut penser que les pas s’adaptaient à l’avancée du groupe. Avec des formations comme la célèbre "tortue" chez les Romains, les rangs des hoplites grecs ou les phalanges macédoniennes qui portaient en avant plusieurs rangées de soldats armés de sarisses (des piques longues de 5 mètres et parfois près de 8 mètres), on voit mal les soldats avancer chacun à son propre rythme... peut-être s'accordaient-ils par commodité, comme les couples qui marchent main dans la main.
Mais rien ne dit qu’ils marchaient tous du même pas à la manière dont nous l’entendons aujourd’hui, et nous n’avons aucune certitude à ce sujet. En tous cas, il est vraisemblable que les troupes ne marchaient pas en cadence pendant leurs déplacements ordinaires ou lors des patrouilles, comme on le voit dans certains films hollywoodiens.

...Et toujours...

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Telesphore: un petit esprit guérisseur... et voyageur!
Voici un personnage aussi mystérieux que sympathique de la mythologie! Presque toujours représenté comme un nain ou un enfant entièrement enveloppé d’un grand manteau à capuchon, il se consacrait à la convalescence des malades et des blessés, auprès de son maître Esculape, ou Asclepios, dieu grec de la médecine.
On dit qu’il serait d’ailleurs son troisième fils, et parmi ses 6 sœurs se trouvent Hygie, déesse de la Santé, de la propreté et de l'hygiène (bien sûr), et Panacée, qui collectait les plantes médicinales guérisseuses.
Telesphore (Telesphoros en grec, "celui qui apporte l’achèvement") est l’assistant sacré d’Asclepios, et participe au traitement des patients en leur apporte le rétablissement et la cicatrisation des blessures et des plaies.

D’où vient-il? Une énigme de plus, car il est vraisemblablement d’origine celtique. Il aurait accompagné la migration des Galates (ces peuples dits plus tard "gallo-grecs") vers l’Asie Mineure, au 3ème siècle av. J.-C.

On a ainsi trouvé nombre de ses représentations dans les régions danubiennes, en Thrace et en Anatolie. Son vêtement d’ailleurs est proche de celui des voyageurs celtes.

Il se serait ensuite trouvé associé à Asclépios à Pergame (un lieu de vénération d’Asclépios), au 1er siècle de notre ère, puis aurait été adopté à Epidaure, autre grand sanctuaire consacré à la guérison. De là, sa renommée se serait ensuite propagée vers l’ouest, jusqu’à toucher l’empire romain, et revenir ainsi sur ses terres d’origine.

Il était particulièrement en vogue au second siècle de notre ère, à partir du règne d’Hadrien (à cette époque, le 8ème pape s’appelle d’ailleurs Telesphore). On retrouve son effigie sur des statuettes, mais aussi sur quantités de monnaies de l’Empire, soit seul, soit accompagnant modestement son maître Esculape.

Caracalla, Moesie inférieure, Nicopolis,
(vers 198-217)

Commode, la triade de Pergame: Esculape,
Telesphore et Hygée (vers 180-192)


Sans doute faut-il le rapprocher des Genii cucullati des Romains (au singulier genius cucullatus, nommés d’après leur manteau à capuchon, le cucullus, devenu plus tard en français la coule, le vêtement des moines).

Car ces petits esprits sont eux aussi d’origine celte, et sont apparus en Bretagne (notre Grande-Bretagne). Et eux aussi se sont propagés dans les régions danubiennes.

Trois genii cucullati, bas-relief, Homesteads, Angleterre, mur d’Hadrien (1er siècle). Trois images de l’esprit auxquelles on associe la guérison, la vie dans l’au-delà et la fertilité, avec parfois, sur des statuettes romaines, une connotation clairement phallique.

Leur fonction est mal connue, mais ils semblent avoir également un rôle protecteur, avec quelques différences cependant: ces "esprits encapuchonnés" sont très souvent représentés par trois, en bas-relief, et peut-être leur capuchon est-il un symbole d’invisibilité.

Que de mystères restent à élucider!
En attendant, Télésphore reste bel et bien un prénom, fêté le 2 janvier et porté par... bien peu de personnes, il est vrai!







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