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Editorial - 1er novembre 2016

Quand l’Etat s’approprie vos découvertes

Les journées du Patrimoine sont toujours un grand moment pour les amateurs de sites archéologiques, dont la France est particulièrement riche. Vous avez aimé celles de 2016?

Les prochaines risquent de vous sembler un peu amères si vous avez des projets de construction.

Vous savez peut-être que lors du dépôt du permis de construire, vous devez vous acquitter d’une taxe dite "Redevance d’archéologie préventive", due pour tous les travaux affectant le sous-sol sur une profondeur dépassant 50 cm (maison, piscine...). Vous pouvez juste espérer que votre chantier ne sera pas retardé, au cas où les archéologues se déplaceraient.

Et voici la nouveauté: avec la récente loi du 7 Juillet 2016, relative à "la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine", ce que nous redoutions dans notre lettre n°32 de janvier-février 2016 devient réalité.
Auparavant, celui qui trouvait un trésor - et ce n'était pas si rare - en partageait la propriété avec le propriétaire de terrain. Celui qui trouvait un trésor sur son propre terrain en était donc entièrement propriétaire. Il n’avait alors pas trop de réticences à aller déclarer sa trouvaille à la Mairie, quitte à ce que les scientifiques la gardent un certain temps pour l'étudier (cinq ans au maximum) avant de la restituer.

Désormais, si vous découvrez au cours des travaux un objet antique sur le terrain que vous venez d'acquérir, l’Etat pourra se l’approprier purement et simplement. De ce fait, on peut parier que certains seront tentés de le garder subrepticement et qu’il restera donc inconnu et perdu pour la Recherche.
Si le but de cette loi était d’enrichir le patrimoine commun, intention fort louable a priori, le résultat risque bien d’être diamétralement opposé...

René Kauffmann


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Civilisation de loisirs ou de fainéantise ?

Voilà, c’est fait: depuis la rentrée 2016, l’enseignement du latin et du grec ancien ne se maintient dans les collèges que sous une forme réduite. Certains y voient un coup sérieux donné à la culture de l’effort, comme à la culture tout court. Ou une conséquence de la culture du moindre effort? Le travail aurait-il perdu tout son prestige?

Que disaient les auteurs antiques à ce sujet?

Eh bien, aussi surprenant que cela puisse paraître, l’oisiveté était plutôt prisée à Rome, et les Grecs affichaient ouvertement le mépris du travail que nous louons aujourd’hui sous le nom de tâches productives. Selon Platon, les tâches du cordonnier ou du forgeron sont dégradantes – ne s’exerçant que dans l’espoir d’une rémunération – et les commerçants sont au mieux un mal nécessaire.
Cicéron nous dit la même chose: travailler pour gagner de l’argent est indigne d’un citoyen, et les marchands qui passent leur temps à mentir dans le même but, ne valent pas mieux.

Cette vision s’explique. A Rome, les citoyens n’avaient pas à assurer leur subsistance, cette fonction étant dévolue aux esclaves. Seuls les métiers de l'agriculture et des armes revêtaient une certaine noblesse. On appelle otium le loisir dans lequel l’homme s’épanouit. À Athènes, les citoyens se devaient de consacrer leur temps à veiller à l'administration et la défense de la République, pratiquer l’art, la philosophie, la politique.

Et pourtant, Caton l’Ancien disait aussi en rien faisant, on apprend à mal faire et Horace que l’oisiveté est une dangereuse sirène qu’il faut éviter. Ces contradictions apparentes ont conduit les époques suivantes à faire passer l’oisiveté, qui était une valeur aristocratique, au statut de "mère de tous les vices".

Alexandre le Grand ou
le Bienheureux?

Mais le choix des mots peut être trompeur

L’oisiveté désigne une absence d’activité rétribuée, qui permet de se consacrer aux choses nobles ou agréables. Elle n’est pas forcément inactive!
Le loisir concerne des activités non rétribuées que l’on pratique pour son agrément personnel… ou pour un temps, afin de se reposer avant de reprendre le travail plus efficacement!
C’est la paresse qui est une réticence à l’effort quel qu’il soit (mais le paresseux ne nie pas la valeur de l’effort... pour les autres).
La fainéantise est le penchant à ne rien faire du tout ("fait néant" – certains diront "feignant", pour celui qui feint de travailler, ce qui n’est guère plus élogieux).
Enfin, la procrastination est simplement une tendance à remettre systématiquement la moindre tâche à plus tard.
Au Moyen-âge, on parlait aussi de l’acédie, un mal de l’âme, une torpeur spirituelle mélancolique qui pousse à négliger les activités (spirituelles dans le cas des moines), et à laquelle on tentait de remédier en imposant un travail manuel.
Dans Le Droit à la paresse (1880) le très marxiste Paul Lafargue dénonçait l’image du travail en tant que valeur sociale. Un thème souvent repris depuis... Mais ne parlait-il pas plutôt d’oisiveté?

Culturellement parlant, on voit que les traductions en langue étrangère sont parfois révélatrices: le farniente italien nous apparaît plutôt comme un mode de vie, alors que le mot allemand qui désigne le paresseux, faul, est le même que celui qui désigne un fruit pourri. Autres pays, autres moeurs...
A notre époque où le chômage écarte nombre d’entre nous du monde du travail, ce qui peut apparaître comme une finesse de vocabulaire n’est pas anodin: privé d’activité rétribuée, qui s’attachera à enrichir ses savoirs, qui se consacrera à des tâches "oisives" au profit de tous, et qui sombrera dans la paresse, voire d’autres travers plus pernicieux encore? Attention, danger!

  L’égyptomania aussi a du plomb dans l’aile...

Pardonnez-nous si cette lettre prend des allures de billet d’humeur. C’est que la culture antique prend aussi un mauvais coup du côté de l’Egypte. Au nouveau programme de 6ème - suite à la réforme des collèges encore - figure le retour de la Préhistoire, mais aussi l’ajout de gros chapitres sur l’Histoire des religions et des "mondes lointains" (Chine et Inde), ce qui réduit d’autant la place accordée à l’Egypte, un tout petit chapitre (sur 28), dans le thème "l’Orient ancien".
Le temps où l'Egypte rayonnait sur le tourisme international est désormais révolu. Alors qu’elle accueillait 14,7 millions de touristes en 2010, elle avait déjà perdu près de 40% de sa fréquentation en 2013. Instabilité, peur des attentats, on comptait environ 9 millions de visiteurs en 2015, un chiffre toujours en chute libre qui devrait baisser encore de 45 ou 50% en 2016.

Les Russes étaient les premiers clients des stations balnéaires de la mer Rouge. Depuis l’attentat du 31 octobre 2015 contre l’avion de la compagnie MetroJet, 80% des hôtels sont fermés à Sharm el-Sheikh.

Du côté des Français, ce n’est pas mieux. Avec autrefois près de 600000 touristes par an, seuls 68000 Français se sont rendus en Egypte entre janvier et août 2016, et le crash du vol EgyptAir Paris-le Caire le 19 mai est un nouveau coup dur. Car le touriste français constituait près de la moitié du contingent des croisières sur le Nil, séjournait plus longtemps et dépensait plus que les autres. Conséquences: une forte hausse du chômage, des hôtels déserts et, le long de la promenade qui a fait la renommée d'Assouan, un amas de bateaux fantômes.

L’inauguration du grand musée égyptien, en construction près des pyramides de Gizeh pour relayer le vieux musée national du Caire, devait avoir lieu en 2015. Elle est reportée à 2022...

Au salon du Tourisme de septembre 2016, à Paris, Yehia Rashed, ministre égyptien du tourisme, a tenté de rassurer touristes et voyagistes. Une campagne publicitaire de 63 millions d’euros sur trois ans est engagée malgré les difficultés financières du pays, et l’on cherche désespérément à attirer sur la ligne Paris-Egypte les vols de compagnies low-cost. Cela suffira-t-il à sauver la magie de l’Egypte Antique?


Notre cadeau de fin d'année !


Pour vos voeux de 2017 - et pour afficher votre volonté de défendre les langues anciennes - téléchargez gratuitement des cartes de voeux en latin, grec ancien et en hiéroglyphes.

Elles sont à votre disposition sur le blog de l'AnticoPédie. Cliquez sur cette image!




Et à propos de carte ...


Nous avons révisé notre carte interactive des Musées et sites archéologiques de France.
Elle présente désormais les coordonnées GPS des sites (pas toujours failes à trouver).

De plus, vous pouvez accéder à une version "google map" de cette carte: cliquez sur cette image!



Le Cékoistruc: le n°21 !
1er octobre 2016



Cet objet est certes grec, mais, une fois n'est pas coutume - pas antique. il a été en usage entre le début du 19e siècle et jusqu’au milieu du 20e. Très récemment donc !

Comment s'appelle-t-il, à quoi sert-il ?

A vous de jouer!

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