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Editorial - septembre 2018

Les réseaux sociaux et l'archéologie

Chaque semaine donne lieu à de nouvelles découvertes archéologiques. Dès que les agences de presse sont informées, la presse écrite se fait l’écho des découvertes sur les réseaux sociaux, chacun ayant à coeur d’être le premier à annoncer LE scoop qui deviendra "viral". Même s’ils préféreraient souvent différer un peu la diffusion de l’information, les services archéologiques suivent, bon gré mal gré.

Des milliers d’amateurs répercutent alors l’information qui se propage d’autant plus vite qu’elle est spectaculaire. Une étude récente du MIT, publiée dans la revue Science, a d’ailleurs montré que le sensationnel l’emporte sur la vérité, et que les fausses informations, dont les auteurs visent évidemment le "buzz", se diffusent bien plus vite que les vraies.

Cette course au scoop a plusieurs conséquences.
D’une part, lorsque les études "sérieuses" sont publiées, elles ont un goût de déjà vu, puisque l’essentiel a déjà été divulgué par une foule de messages successifs, complémentaires ou parfois contradictoires, teintés d’hypothèses insolites souvent fantaisistes et vite démenties.

D’autre part, les messages se rediffusent tels quels, avec les mêmes phrases et les mêmes images (sans atteinte au droit d’auteur). Personne ne se soucie de trouver des données plus originales, la vitesse prime. Mais ceux qui voudraient réutiliser ces données autrement devront en acquérir les droits, parfois à prix d’or puisque peu d’images différentes sont accessibles.

Enfin, ces nouvelles brèves ("posts"), sont éminemment volatiles: seul compte l’effet immédiat, et nul ne se soucie de les conserver, de les organiser afin qu’on puisse les retrouver plus tard.

Bien sûr, s’il s’agit de travaux archéologiques, vous pouvez attendre la publication du rapport officiel, mais si vous recherchez des images éphémères, comme des photographies postées par des particuliers sur les "groupes d’intérêt" Facebook, la tâche est pratiquement impossible. Il ne vous reste qu’à utiliser votre moteur de recherche favori, qui vous orientera en priorité vers des sites d’images payants.

Quel gâchis! Qui gardera trace des photographies et textes diffusés sur les réseaux? Leurs auteurs accepteraient-ils qu’ils soient réemployés gratuitement par d'autres? Y a-t-il des volontaires dans la salle?

René Kauffmann

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Les Grecs et les Romains à la plage...
L’été s’achève. Peut-être avez-vous profité des superbes plages grecques comme des millions de vacanciers cette année?

Les Grecs, eux, y étaient peu présents, car la frénésie de la saison touristique leur laisse rarement le temps de profiter du soleil (hélios) et de la mer (thalassa). Qu’en était-il dans l’Antiquité? Les Romains, Les Grecs, les Egyptiens goûtaient-ils les charmes de la plage? Savaient-ils même nager?

Petite histoire de la natation



Des hommes nageaient certainement dès la préhistoire, et les Egyptiens pratiquaient la natation il y a plus de 6000 ans: dans la grotte de Wadi Sura, au sud-ouest de l’Egypte, à la frontière libyenne, un artiste néolithique égyptien a clairement représenté les silhouettes de trois nageurs.
D’autres illustrent un sceau égyptien daté de 4000 ans avant J.-C., ou la "patère des nageuses", ci-contre (21e dynastie), etc. Parmi les hiéroglyphes entrant dans l’écriture du verbe "nager" figurent parfois (un même mot peut s’écrire de plusieurs manières) plusieurs signes qui représentent un nageur.
Brasse, crawl ou papillon? Les peintures des vases grecs ne sont pas plus claires que les hiéroglyphes à ce sujet. Elles montrent le plus souvent des mouvements de bras qui s’apparentent aussi bien au crawl qu’à la brasse...
Quant aux jambes, elles semblent suivre comme elles peuvent!

Les Grecs et plus encore les Phéniciens nageaient et plongeaient fort bien, et pas seulement pour les loisirs. On plongeait pour chercher des coquillages comestibles, la nacre, les éponges, les perles ou la pourpre dont les Romains teignaient leurs toges...

Un apprentissage indispensable


Ce qui est sûr, c’est que savoir nager faisait partie des bases de l’éducation. Les parents, mais aussi des professeurs, enseignaient la natation aux jeunes, et l’on sait que des ceintures munies de flotteurs en liège étaient employées pour cet apprentissage.

Le poète latin Horace, au 1er siècle av. J.-C., annonce: "L'heure viendra, mon enfant, où ton corps s'étant formé et ton esprit s'étant mûri, tu nageras, sans liège, en pleine eau".

Cinq siècles auparavant, le Grec Solon disait déjà: "Les garçons doivent avant toute chose apprendre à nager et à lire". Tous les Anciens s’accordent sur ce point, et Platon le répète: "un homme qui ne sait pas lire, écrire et nager est mal éduqué".

En fait, dire de quelqu'un qu'il ne sait "ni lire ni nager" revenait à le traiter d'incapable. Le Romain Suétone, dans la Vie des Douze Césars, dit avec surprise de l'empereur Caligula: "Cet homme, qui apprenait si aisément tant de choses, ne savait pas nager!".

Tous à l’eau?

Tous les peuples n’ont pas la même relation avec la mer: beaucoup la redoutent, et si certains disent que la mer sépare les îles, les Grecs disent qu’elle les réunit.

Les Egyptiens vivaient en symbiose avec le Nil, et n’hésitaient pas à nager... en prenant garde aux crocodiles.
Des cuillères à fard, dont on connaît de nombreux exemplaires, prennent la forme d’une nageuse poussant devant elle une nacelle, dans un mouvement parfaitement maîtrisé.

D’autres références à la natation figurent sur les murs babyloniens et assyriens.

Dans l’Odyssée, Ulysse est contraint de nager à plusieurs reprises lors des naufrages de ses navires. Chez les Grecs, peuple marin par excellence, savoir nager était d’importance vitale, et lorsque les Perses attaquèrent Athènes, lors de la bataille de Salamine en 480 av. J.-C., beaucoup se noyèrent alors que les Grecs naufragés rejoignaient la terre ferme à la nage, nous dit Hérodote.

On notera pourtant que la natation était totalement absente des Jeux Olympiques. Ceci peut surprendre quand on considère que nombre d’épreuves olympiques (lancer du javelot, course en armes, course de chars…) dérivaient de l’entraînement militaire: quand des soldats devaient franchir un cours d’eau, mieux valait savoir nager, même si certains s’aidaient en se munissaient d’outres gonflées.

Des courses de natation se tenaient cependant aux jeux du temple de Dionysos Mélanaigis, à Hermione.
Les Romains étaient, dans les premiers temps du moins - avant les guerres puniques qui les opposèrent à Carthage, vers 269 av. J.-C., les contraignant à prendre la mer - bien plus terriens que marins, et on les imagine plus volontiers barbotant dans les piscines des thermes que profitant du soleil sur la plage.

Fuyaient-ils les moustiques, nombreux dans certaines contrées ? Plus simplement, ils semblent avoir préféré l’eau douce, plus accueillante.

Tout de même, des villes comme Baïes (une sorte de Saint-Tropez de la Rome antique, aujourd’hui partiellement engloutie mais parfaitement visitable... en plongée, image ci-contre) ou Herculanum, avant l’éruption du Vésuve qui la détruisit en 79 en même temps que Pompéi, étaient d’agréables stations balnéaires.

De riches Romains y possédaient leur résidence secondaire où ils venaient passer l’été, fuyant la chaleur de Rome. Ils semblent en avoir apprécié les rivages, les cures thermales et une certaine forme de thalassothérapie.

Quoi qu’il en soit, dans les heures chaudes des climats méditerranéens, un bain rafraîchissant devait toujours être bienvenu.

Sur la plage

Certes, le petit peuple des campagnes n’avait pas de vacances, mais dans les pays méditerranéens, on apprécie le soleil où que l’on se trouve. Ainsi le philosophe Diogène ne formula qu’une seule requête quand Alexandre le Grand lui demanda ce qu’il pourrait lui offrir: "Retire-toi de mon soleil". Eh oui, même l’ombre d’un Alexandre peut gêner.

A propos d’Alexandre, citons aussi la légende qui fait de lui le premier explorateur des fonds marins: il serait descendu à plusieurs mètres de profondeur, dans le Golfe Persique, vers 322 av. J.-C. à l’aide d’une cloche à plongeur, la colympha, formée d'un grand tonneau muni de hublots de verre.

Sur un tombeau étrusque de Paestum, un homme plonge, manifestement pour le seul plaisir. Il faut dire que les Etrusques s’adonnaient, bien avant les Romains, aux charmes de la "dolce vita".



Enfin, une célèbre mosaïque de la villa de Casale près de Piazza Armerina, au sud de la Sicile (une région où l’importante présence grecque et phénicienne a peut-être contribué à l’amour de la mer), nous montre qu’au 3e siècle, les jeux de plages ressemblaient aux nôtres – et les bikinis aussi.




Des plongeurs professionnels


Vous l’avez bien compris: l’époque des Indiana Jones est révolue, et vous n’avez guère le choix. De nombreux musées proposent, De tous temps, les meilleurs plongeurs furent réquisitionnés, que ce soit pour récupérer des richesses englouties lors des naufrages, ou exécuter de véritables opérations militaires. Thucydide raconte que, pendant la guerre du Péloponnèse, lorsqu’Athènes attaque l’île de Sphactérie (à l’ouest du Péloponnèse), des plongeurs viennent ravitailler les Spartiates assiégés.

Chez les Romains, comme son nom ne l’indique pas, l’urinator était un plongeur (souvent d’origine phénicienne) chargé de chercher des objets engloutis, d’intervenir sur les navires en difficulté, ou d’aller saboter les navires ennemis, voire d’en percer la coque.

Pour certaines de ces opérations, on immergeait, le long du parcours prévu, des outres ou des amphores pleines d’air où ils pouvaient reprendre souffle sans remonter en surface.

Hydna de Scione,
une héroïne oubliée


Hydna de Scione, initiée à la natation par son père Scyllias, un instructeur de plongée et de natation, est devenue célèbre pour ses performances.

Bien qu’Hérodote mette en doute cette péripétie, Pausanias relate qu’après la bataille des Thermopyles (480 av. J.-C.), Hydna et son père nagèrent dans une mer agitée sur plus de 15 km pour atteindre les navires perses réunis au mouillage au cap Artémision.



Ils coupèrent alors les cordages des ancres. Les navires sans amarres se heurtaient dans la tempête, et les graves dommages ainsi causés contribuèrent à la victoire des Grecs à la bataille de Salamine.


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