Education et démocratie…

Une dernière lettre de l’AnticoPédie ? Il faut une conviction d’acier pour écoper à la petite cuillère l’eau qui s’engouffre dans un navire qui, comme les démocraties, part à la dérive…

Dès la création de la démocratie athénienne, le débat est ouvert: Platon est favorable à un gouvernement confié aux meilleurs, Aristote pense que chacun est capable d’apporter sa pierre à l’édifice. Le noeud du problème est l’aptitude du peuple à voter utilement.

Dans le livre 6 de « la République », Platon illustre la pensée de Socrate: quand un bateau rencontre une tempête, qui doit le diriger? Un navigateur expérimenté ou la multitude qui n’a aucune expérience en la matière?

En résumé, on ne doit pas voter pour untel parce qu’il est sympathique, convaincant ou qu’il parle plus fort que les autres, mais parce qu’il représente une compétence et une vision de l’avenir qui sera bénéfique au plus grand nombre. Platon doute de l’aptitude du peuple à voter judicieusement.

Le problème est-il aujourd’hui résolu ? Dans bien des pays – démocratiques ou faisant mine de l’être – qui voit-on aujourd’hui se présenter aux suffrages des peuples ? Quand bien même une éducation à la démocratie serait soudain largement diffusée (en tous cas plus largement que les élucubrations des réseaux sociaux), combien faudrait-il d’électeurs lucides pour influer sur le résultat des votes ? Une majorité ? Cela semble bien illusoire…

Faudrait-il instituer un « permis de voter », assurant comme le permis de conduire que l’on dispose d’un minimum des compétences nécessaires?

Comme des millions de publications, l’AnticoPédie s’efforce contre vents et marées de diffuser une culture qui puisse contribuer à nourrir la réflexion démocratique. Les évènements actuels ne prouvent pas que cela fonctionne…

René Kauffmann

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