Votre prénom est-il grec ?

Vous connaissez des dizaines de prénoms grecs, dont l’origine est évidente quand il s’agit de noms mythologiques ou historiques comme Achille, Alexandre, Ariane, Hélène, Nestor, Ulysse. D’autres sont un peu moins faciles à reconnaître, comme Anémone, Iris, André, Sophie, et bien d'autres. Le site www.tous-les-prenoms.com signale 81 prénoms masculins et 127 prénoms féminins !  

Qu'importe si Mélissa (l'abeille) déteste Mélina (le miel), ou si Mélanie est blonde: si vous achetez de l'encre en Grèce, demandez "Mélanie", et elle sera noire comme l'humeur noire de Mélancolie… En Grèce et même de nos jours, vous rencontrerez parfois des Socrate, Aristote, Athena et – avec un peu de chance – une Aphrodite !  

Mais il est amusant de constater que même si votre prénom est d'une autre origine, il se rattache peut-être à un prénom grec. Ainsi, le prénom Laure ou Laura, du très latin Laurier, est l'équivalent grec absolu de Daphné (laurier aussi!). Pour rester dans la flore, pensons à Démeter (déesse de la Flore), donc à Dimitri, qui ne sont pas loin de Florence. Moins courants de nos jours, Dieudonné et Déodat (don de Dieu) sont l'équivalent parfait de Dorothée ou Théodore. Notons ici que ces deux noms "réversibles" ne sont pas un cas unique : il en va de même pour Théotime et Thimothée (estimé de dieu). Pas loin non plus, mais d'une divinité inattendue, Isidore est un don d'Isis.  

Théophile, qui est "aimé de dieu", et ce prénom existe dans bien d'autres langues: c'est le sens de David en hébreu, Habiballah en arabe, Amadeus en latin, Amédée en français, Gottlieb en allemand…

Le prénom "don de dieu" existait dès l'Egypte ancienne sous la forme Pa-Di-Pa-Rê, textuellement "celui-donné-par Rê", que la célèbre Egyptologue Christiane Desroches-Noblecourt évoque et indique comme étant repris dans la bible sous la forme Putiphar (celui dont l'épouse tenta de séduire Joseph, cf. "le fabuleux héritage de l'Egypte", éditions SW-Télémaque). Mais d’autres considèrent que Putiphar dérive de "Pa-Hetep-Rê", Pétéphrès (celui qui a été consacré à Rê)…

Aristide (le meilleur ou son fils !) est proche de Parfait. La germanique Frida, qui symbolise la Paix, est Irène en grec. Un prénom désomais oublié, Eleuthère, désignait la liberté. Adèle ou Adélaïde, le germanique Adel ou Adelheid (noblesse) dont certains se rappelleront par leurs lectures d'enfance le diminutif helvétique Heidi, est l'équivalent d'Eugénie (bien née).

Autres équivalences absolues, Sauveur (ou Salvador, version espagnole) s'appellera en Grèce Sotiris, et René (Re-né, ressuscité) est synonyme d'Anastasos – Anastase. Evariste est Aimable, et Aimée est aussi Philomène. Marine pourrait tout aussi bien s'appeler Pélagie (haute mer en grec), ou Océane. Pour terminer glorieusement, Victoire et Victor sont l'équivalent du grec Nikê, qui a donné non seulement son nom à des articles de sport, mais aussi à Nicole ou Colette. Nicolas, Nicolaos "victoire du peuple" (laos comme "laïque") – aucun rapport avec les récentes élections – est aussi synonyme de Nicodème (demos comme "démocrate").  

 Et si vous connaissez une Reine ou un Régis qui seront nécessairement "rois", vous les appellerez Basile ou Vassili (en grec Vassileos, roi). Leurs enfants, qui seront évidemment "couronnés", s'appelleront logiquement Etienne et Stéphanie (de Stephanos, couronné), pour ne pas dire Steevy… si le chien ne se nomme pas déjà Rex

 

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